{"id":3069,"date":"2020-06-16T11:19:11","date_gmt":"2020-06-16T09:19:11","guid":{"rendered":"https:\/\/bankinglaw.be\/?page_id=3069"},"modified":"2020-06-16T12:12:48","modified_gmt":"2020-06-16T10:12:48","slug":"la-problematique-juridique-de-la-funding-loss","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/blog-2\/la-problematique-juridique-de-la-funding-loss\/","title":{"rendered":"1. La probl\u00e9matique juridique de la funding loss"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Retour au <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/?p=3064\">menu principal de l&#8217;analyse<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em><u>1.1 L\u2019indemnit\u00e9 de remploi&nbsp;pour remboursement anticip\u00e9 : une clause contractuelle \u00ab&nbsp;type&nbsp;\u00bb<\/u><\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur base des principes de la libert\u00e9 contractuelle et de la bonne foi, les contrats de cr\u00e9dit d\u2019investissement qui font l\u2019objet de la pr\u00e9sente analyse stipulent, dans la majorit\u00e9 des cas, qu\u2019en cas de remboursement du cr\u00e9dit avant terme \u00e9chu, l\u2019emprunteur sera redevable \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la banque d\u2019une indemnit\u00e9 de remploi, dite de <em>funding loss<\/em>. Citons ci-apr\u00e8s une clause-type&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;<em>Les remboursements anticip\u00e9s (tant totaux que partiels) ne sont pas admis, \u00e0 l\u2019exception du remboursement anticip\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une majoration de taux, lors de la r\u00e9vision p\u00e9riodique du taux mentionn\u00e9 ci-dessus. Si le cr\u00e9dit\u00e9 effectue quand m\u00eame un remboursement anticip\u00e9, il m\u00e9conna\u00eet ses obligations contractuelles. La Banque a alors le droit, dans cette hypoth\u00e8se, soit de refuser le remboursement anticip\u00e9, soit d\u2019exiger d\u2019\u00eatre indemnis\u00e9 pour la perte r\u00e9elle qu\u2019elle subit suite au remboursement anticip\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 unilat\u00e9ralement par le cr\u00e9dit\u00e9. L\u2019indemnit\u00e9 de remploi, appel\u00e9e funding loss, est calcul\u00e9e comme \u00e9tant la diff\u00e9rence entre les int\u00e9r\u00eats que la Banque aurait per\u00e7us du cr\u00e9dit\u00e9 si ce dernier avait rembours\u00e9 les fonds emprunt\u00e9s selon le tableau d\u2019amortissement fix\u00e9 contractuellement et ceux qu\u2019elle per\u00e7oit en r\u00e9investissant ces fonds, \u00e0 un taux interbancaire moyen pond\u00e9r\u00e9, pendant la p\u00e9riode restant \u00e0 courir jusqu\u2019\u00e0 la prochaine r\u00e9vision contractuelle ou, \u00e0 d\u00e9faut de celle-ci, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance finale du cr\u00e9dit.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une telle clause permet au pr\u00eateur de couvrir le dommage dont il souffrirait en cas de remboursement anticip\u00e9 du seul solde restant d\u00fb en capital sur cr\u00e9dit consenti \u00e0 l\u2019emprunteur. Pour autant, le montant de la r\u00e9paration dudit dommage calcul\u00e9 selon la formul\u00e9 stipul\u00e9e ne doit pas manifestement exc\u00e9der le dommage r\u00e9ellement subi<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019applicabilit\u00e9 d\u2019une clause telle que celle pr\u00e9sent\u00e9e ci-avant \u2013 nonobstant l\u2019article 1907<em>bis<\/em> du Code civil &#8211; aux remboursements anticip\u00e9s de cr\u00e9dits d\u2019investissement consentis \u00e0 des professionnels, ne pr\u00eate plus r\u00e9ellement \u00e0 discussion aujourd\u2019hui, sous r\u00e9serve de la qualification r\u00e9elle du contrat en cause \u2013 <em>infra<\/em>, n\u00b0 1.3.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019article 1907<em>bis<\/em> \u00e9tant imp\u00e9ratif, il s\u2019interpr\u00e8te strictement. En outre, en vertu d\u2019une interpr\u00e9tation syst\u00e9matique du Code civil, l\u2019article 1907<em>bis <\/em>du Code civil figurant au sein du chapitre consacr\u00e9 au pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat, c\u2019est uniquement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce dernier qu\u2019il a vocation \u00e0 s\u2019appliquer<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La distinction entre le pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat (contrat r\u00e9el et unilat\u00e9ral) et le cr\u00e9dit (contrat consensuel et synallagmatique, issu de la pratique) ne fait aujourd\u2019hui plus r\u00e9ellement d\u00e9bat dans la jurisprudence et la doctrine<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est aujourd\u2019hui davantage la qualification du contrat \u2013 parfois au-del\u00e0 m\u00eame de l\u2019intitul\u00e9 de l\u2019<em>instrumentum<\/em> \u2013 qui est d\u00e9battue : le contrat analys\u00e9 est-il un \u00ab&nbsp;<em>contrat de pr\u00eat&nbsp;\u00bb<\/em> ou un \u00ab&nbsp;<em>contrat de cr\u00e9dit&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>? Selon la qualification retenue <em>in fine<\/em>, l\u2019article 1907<em>bis<\/em> du Code civiltrouvera ou non \u00e0 s\u2019appliquer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em><u>1.2 La critique g\u00e9n\u00e9ralement rencontr\u00e9e dans les pr\u00e9toires<\/u><\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certains emprunteurs, dans le but de b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019application de l\u2019article 1907<em>bis<\/em> du Code civil, argumentent que \u00ab&nbsp;<em>l\u2019esprit de loi<\/em>&nbsp;\u00bb commande d\u2019\u00e9tendre le champ d\u2019application de l\u2019article 1907<em>bis<\/em> \u00e0 tout type de financement pr\u00e9sentant des similitudes avec le pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat. Ils d\u00e9duisent de ces similitudes une interdiction <em>de facto<\/em> quasi absolue de stipuler une indemnit\u00e9 de remploi dont le montant exc\u00e9derait 6 mois d\u2019int\u00e9r\u00eats. Cette strat\u00e9gie pr\u00e9sente, \u00e0 l\u2019heure actuelle, peu de chances de succ\u00e8s, les plus hautes juridictions ainsi que le l\u00e9gislateur lui-m\u00eame ayant (implicitement) reconnu que l\u2019article 1907<em>bis<\/em> du Code civil ne s\u2019appliquait qu\u2019au contrat de pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat, et non au contrat de cr\u00e9dit<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9sormais, la strat\u00e9gie la plus couramment rencontr\u00e9e dans les pr\u00e9toires afin d\u2019\u00e9viter l\u2019application d\u2019une clause contractuelle pr\u00e9voyant le paiement d\u2019une <em>funding loss <\/em>en cas de remboursement d\u2019un cr\u00e9dit avant terme consiste \u00e0 tenter d\u2019obtenir la <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/funding-loss-requalification\/\">requalification du contrat de cr\u00e9dit soumis au juge en un contrat de pr\u00eat<\/a>, lequel est soumis \u00e0 l\u2019article 1907<em>bis <\/em>du Code civil qui limite \u00e0 six mois d\u2019int\u00e9r\u00eats l\u2019indemnit\u00e9 pouvant \u00eatre r\u00e9clam\u00e9e par l\u2019\u00e9tablissement de cr\u00e9dit. Pour ce faire, les emprunteurs tentent parfois d\u2019attribuer au contrat de cr\u00e9dit des <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/2020\/05\/28\/indemnite-de-remploi-funding-loss-cassation-2020\/\">caract\u00e9ristiques pr\u00e9cises et exclusives<\/a>, et de consid\u00e9rer le contrat de pr\u00eat comme r\u00e9siduaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce dernier. Selon cette argumentation, d\u00e8s qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment du contrat de cr\u00e9dit ne correspond pas aux crit\u00e8res stricts qu\u2019ils estiment devoir \u00eatre \u00e9tablis pour rev\u00eatir cette qualification, il y a lieu de consid\u00e9rer ce contrat comme un contrat de pr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, selon les adeptes d\u2019un tel champ d\u2019application \u00e9largi, un cr\u00e9dit d\u2019investissement qui n\u2019est pas r\u00e9utilisable doit \u00eatre requalifi\u00e9 en un pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat. Seules les ouvertures de cr\u00e9dit unilat\u00e9ralement r\u00e9utilisables par l\u2019emprunteur seraient d\u00e8s lors exclues du champ d\u2019application de l\u2019article 1907<em>bis<\/em>. D\u2019autres estiment que le crit\u00e8re d\u00e9terminant \u00e0 prendre en consid\u00e9ration pour qualifier un cr\u00e9dit de pr\u00eat est la libert\u00e9 ou non de l\u2019emprunteur de pr\u00e9lever ou non les montants mis \u00e0 sa disposition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si cette limitation de la d\u00e9finition du contrat de cr\u00e9dit et l\u2019extension du champ d\u2019application de l\u2019article 1907<em>bis<\/em> qui en d\u00e9coule ne trouve pas \u00e9cho positif aupr\u00e8s du juge saisi de la question, c\u2019est alors la r\u00e9alit\u00e9 du dommage vant\u00e9 par la banque qui est mise en doute par les emprunteurs. Si l\u2019existence m\u00eame du dommage n\u2019est pas parfois carr\u00e9ment ni\u00e9e<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>, son calcul est alors r\u00e9fut\u00e9, l\u2019abus de droit faisant figure d\u2019\u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s pour le cas o\u00f9 le pr\u00eateur ne convaincrait pas le juge de la justesse du calcul op\u00e9r\u00e9<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em><u>1.3 Qu\u2019en est-il&nbsp;?<\/u><\/em><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>1.3.1. La qualification des contrats&nbsp;: pr\u00eat ou cr\u00e9dit&nbsp;?<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le contrat de cr\u00e9dit est un contrat innomm\u00e9, n\u00e9 de la pratique. Il est avant tout r\u00e9gi par l\u2019autonomie des volont\u00e9s. Son contenu est en principe librement d\u00e9termin\u00e9 pour autant que les dispositions l\u00e9gales applicables sont respect\u00e9es<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette libert\u00e9 offre aux emprunteurs une grande souplesse dans le financement de leurs projets, tout en tenant \u00e9galement compte des int\u00e9r\u00eats des pr\u00eateurs, le terme \u00e9tant stipul\u00e9 dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous les cocontractants&nbsp;: le pr\u00eateur s\u2019assure d\u2019un investissement \u00e0 long terme sans \u00eatre oblig\u00e9 d\u2019accepter un remboursement anticip\u00e9, tandis que l\u2019emprunteur peut user des fonds pour toute la dur\u00e9e convenue sans pouvoir \u00eatre oblig\u00e9 \u00e0 les rembourser anticipativement. Un \u00e9quilibre est ainsi instaur\u00e9 entre ces derniers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le contrat de cr\u00e9dit peut notamment pr\u00e9voir la possibilit\u00e9 de diff\u00e9rer le pr\u00e9l\u00e8vement des fonds (et cons\u00e9quemment l\u2019imputation des int\u00e9r\u00eats), tout en pr\u00e9voyant le paiement d\u2019une commission de r\u00e9servation sur les fonds tenus \u00e0 disposition du cr\u00e9dit\u00e9 (\u00e0 un taux moindre) pour couvrir les frais du banquier. L\u2019initiative du pr\u00e9l\u00e8vement est laiss\u00e9e au cr\u00e9dit\u00e9, au contraire du pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat pour lequel cette initiative est laiss\u00e9e au pr\u00eateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces caract\u00e9ristiques sont incompatibles avec le caract\u00e8re r\u00e9el du contrat de pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Voy. la <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/2020\/05\/28\/indemnite-de-remploi-funding-loss-cassation-2020\/\">d\u00e9cision de la Cour de cassation rendue en 2020<\/a> sur le sujet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En fonction des besoins de l\u2019emprunteur, le contrat de cr\u00e9dit peut \u00e9galement pr\u00e9voir dans le chef du cr\u00e9dit\u00e9 une possibilit\u00e9 de r\u00e9utilisation, sans pour autant que cette possibilit\u00e9 constitue une <em>conditio sine qua non<\/em> de son existence. <em>A fortiori<\/em>, le caract\u00e8re non r\u00e9utilisable d\u2019un cr\u00e9dit est insuffisant pour qu\u2019il en devienne un contrat nomm\u00e9 tel que l\u2019est le pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eats, , surtout si le contrat pr\u00e9voit des modalit\u00e9s qui sont incompatibles avec le caract\u00e8re r\u00e9el du pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat (telles une p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement, une commission de r\u00e9servation,\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La requalification d\u2019un contrat de pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat en un contrat autrement nomm\u00e9 peut s\u2019imaginer ais\u00e9ment. Les caract\u00e9ristiques essentielles que doivent rev\u00eatir les contrats nomm\u00e9s sont d\u00e9finies dans la loi, laquelle rend possible l\u2019identification des \u00e9l\u00e9ments du contrat qui seraient incompatibles avec la qualification retenue par les parties, pour ensuite modifier celle-ci si n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l\u2019inverse, la requalification d\u2019un contrat innomm\u00e9 en un contrat nomm\u00e9 est moins \u00e9vidente compte tenu du principe de l\u2019autonomie de la volont\u00e9 et de la n\u00e9cessaire s\u00e9curit\u00e9 juridique des cocontractants. Elle ne sera admise qu\u2019en pr\u00e9sence d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00ab&nbsp;<em>radicalement incompatibles&nbsp;\u00bb<\/em> avec la qualification retenue par les parties<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>, et pour autant que les caract\u00e9ristiques essentielles du contrat nomm\u00e9 en lequel il serait requalifi\u00e9 soient rencontr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le caract\u00e8re non r\u00e9utilisable d\u2019un contrat de cr\u00e9dit ne nous para\u00eet en tout cas en rien incompatible avec la conception classique du cr\u00e9dit. Il n\u2019est, quoi qu\u2019il en soit, pas suffisant pour transformer le contrat de cr\u00e9dit en un contrat r\u00e9el de pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat. De m\u00eame, le fait que le cr\u00e9dit doive \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9 en une fois ne suffit pas \u00e0 entra\u00eener, \u00e0 notre estime, une requalification.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>1.3.2. : D\u00e9cisions r\u00e9centes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de demandes de requalification d\u2019un contrat de cr\u00e9dit en un pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La jurisprudence relative \u00e0 l\u2019indemnit\u00e9 de <em>funding loss<\/em>, \u00e0 d\u00e9faut de permettre une pr\u00e9diction robotique des chances de succ\u00e8s d\u2019une contestation judiciaire d\u2019une indemnit\u00e9 de remploi, permet toutefois de d\u00e9gager quelques tendances jurisprudentielles lorsqu\u2019il s\u2019agit de se pencher sur la requalification \u00e9ventuelle d\u2019un contrat de cr\u00e9dit d\u2019investissement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous \u00e9voquerons ci-apr\u00e8s diff\u00e9rentes situations ayant donn\u00e9 lieu ou non \u00e0 une requalification.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Refus de requalification&nbsp;<\/strong>:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 27 septembre 2012, la Cour d\u2019appel de Bruxelles (francophone) a rappel\u00e9 que \u00ab&nbsp;<em>le fait que le cr\u00e9dit doive \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9 en une seule fois pour la totalit\u00e9 du montant et dans une p\u00e9riode relativement br\u00e8ve ne permet pas de requalifier la convention en contrat r\u00e9el de pr\u00eat&nbsp;\u00bb <\/em><a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 17 octobre 2013, le tribunal de commerce francophone de Bruxelles a estim\u00e9 qu\u2019un contrat qualifi\u00e9 de cr\u00e9dit d\u2019investissement, non r\u00e9utilisable, conclu un 26 avril et utilisable pour le 4 ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e, et n\u2019ayant en l\u2019esp\u00e8ce fait l\u2019objet d\u2019aucun pr\u00e9l\u00e8vement, ne pouvait \u00eatre requalifi\u00e9 en un contrat de pr\u00eat&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 18 octobre 2013, le tribunal de commerce francophone de Bruxelles, admettant la possibilit\u00e9 th\u00e9orique d\u2019une requalification du contrat de cr\u00e9dit dans certaines circonstances, a toutefois refus\u00e9 celle du contrat de cr\u00e9dit d\u2019investissement qui lui \u00e9tait soumis, et qui pr\u00e9voyait une p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement de 42 jours ;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 28 avril 2015, le tribunal de commerce francophone de Bruxelles a estim\u00e9 que les \u00e9l\u00e9ments soumis au tribunal ne permettaient pas d\u2019exclure la qualification donn\u00e9e par les parties au contrat de cr\u00e9dit&nbsp;; il s\u2019agissait en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019analyser deux contrats de cr\u00e9dit d\u2019investissement conclu dans le cadre d\u2019une ouverture de cr\u00e9dit-cadre et ayant pour objet la r\u00e9novation d\u2019un bien immobilier&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 4 juin 2015, la cour d\u2019appel de Li\u00e8ge s\u2019est pench\u00e9e sur un cr\u00e9dit d\u2019investissement \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e accord\u00e9 dans le cadre d\u2019une ouverture de cr\u00e9dit consentie le m\u00eame jour pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. Le contrat pr\u00e9voyait une p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement de plusieurs mois et stipulait le paiement d\u2019une commission de r\u00e9servation due sur la partie non pr\u00e9lev\u00e9e. La cour a estim\u00e9 que \u00ab&nbsp;<em>m\u00eame si une fois les sommes pr\u00e9lev\u00e9es (\u2026), la ressemblance avec un contrat de pr\u00eat est forte&nbsp;\u00bb<\/em>, ces sp\u00e9cifications sont caract\u00e9ristiques d\u2019un contrat d\u2019ouverture de cr\u00e9dit, et qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu de requalifier celui-ci en contrat de pr\u00eat&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 4 juin 2015, le tribunal de commerce de Gand a estim\u00e9 qu\u2019il pouvait, nonobstant la qualification donn\u00e9e par les parties au contrat les liant, \u00ab&nbsp;<em>qualifier souverainement&nbsp;\u00bb<\/em> celui-ci, sans toutefois donner suite positive \u00e0 la demande de requalification qui lui \u00e9tait soumise au sujet d\u2019un contrat de cr\u00e9dit d\u2019investissement visant l\u2019achat et la construction d\u2019un immeuble de commerce&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 25 juin 2015, le tribunal de commerce n\u00e9erlandophone de Bruxelles a rappel\u00e9 que [traduction libre] \u00ab&nbsp;<em>le juge ne peut modifier \u00e0 sa guise la qualification d\u2019un contrat lorsque les \u00e9l\u00e9ments qui sont port\u00e9s \u00e0 son appr\u00e9ciation n\u2019excluent pas la qualification originelle donn\u00e9e par les parties&nbsp;\u00bb<\/em>. Analysant un contrat de cr\u00e9dit pr\u00e9voyant une commission de r\u00e9servation, une p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement de 9 mois, confirmait l\u2019intention des parties d\u2019opter pour la conclusion d\u2019un contrat de cr\u00e9dit et non d\u2019un pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat. Le tribunal a refus\u00e9 la requalification du contrat de cr\u00e9dit. Le fait que les remboursements \u00e0 op\u00e9rer soient des montants fixes ne disqualifie pas la convention de cr\u00e9dit&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 19 novembre 2015, le tribunal de commerce francophone de Bruxelles \u00e0 nouveau refus\u00e9 la requalification en un contrat de pr\u00eat d\u2019un contrat de cr\u00e9dit visant l\u2019acquisition d\u2019un bien immeuble&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 5 janvier 2016, le tribunal de commerce francophone de Bruxelles n\u2019a pas requalifi\u00e9 en un pr\u00eat un contrat de cr\u00e9dit visant l\u2019acquisition par l\u2019emprunteur d\u2019un usufruit d\u2019un immeuble&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 15 mars 2016, le tribunal de commerce de Li\u00e8ge, division Namur, n\u2019a pas requalifi\u00e9 un contrat de cr\u00e9dit-cadre pr\u00e9voyant une p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement de deux mois, et effectivement pr\u00e9lev\u00e9 en plusieurs fois durant cette p\u00e9riode&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 9 mai 2016, la cour d\u2019appel de Bruxelles (n\u00e9erlandophone) a refus\u00e9 la requalification en un pr\u00eat d\u2019un contrat de cr\u00e9dit dont le montant \u00e9tait pr\u00e9levable en 5 mois et destin\u00e9 \u00e0 l\u2019acquisition et \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement d\u2019une surface commerciale&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 16 juin 2016, le Tribunal de commerce du Hainaut \u2013 division Mons, avait \u00e0 connaitre d\u2019un cr\u00e9dit d\u2019investissement de 605.000 EUR pr\u00e9voyant un pr\u00e9l\u00e8vement unique, une commission de r\u00e9servation et une p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement s\u2019\u00e9talant du 22 juin au 30 juillet de la m\u00eame ann\u00e9e. Le Tribunal a estim\u00e9 que \u00ab&nbsp;[l\u2019emprunteur] <em>\u00e9tait libre d\u2019utiliser ou non le cr\u00e9dit. Une commission de r\u00e9servation \u00e9tait convenue pour la mise \u00e0 disposition du capital pendant la p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement. Les int\u00e9r\u00eats d\u00e9biteurs n\u2019\u00e9taient calcul\u00e9s qu\u2019\u00e0 partir du pr\u00e9l\u00e8vement et sur le capital pr\u00e9lev\u00e9. Ces divers \u00e9l\u00e9ments traduisent le caract\u00e8re consensuel de l\u2019ouverture de cr\u00e9dit et ne permettant pas de requalifier la convention en pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eats<\/em>&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>. Le Tribunal a \u00e9galement jug\u00e9 que la dur\u00e9e de la p\u00e9riode de pr\u00e9l\u00e8vement \u00e9tait indiff\u00e9rente d\u00e8s lors qu\u2019elle \u00e9tait stipul\u00e9e contractuellement par les parties.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Requalification&nbsp;du contrat en un contrat de pr\u00eat<\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 11 octobre 2013<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>, le tribunal de commerce de Charleroi a estim\u00e9 que \u00ab&nbsp;<em>lorsque la convention de cr\u00e9dit consiste, non pas \u00e0 permettre au cr\u00e9dit\u00e9 de disposer d\u2019une nouvelle somme d\u2019argent ou d\u2019un cr\u00e9dit qu\u2019il peut pr\u00e9lever selon ses besoins pour une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e, mais \u00e0 solder, par un seul virement imm\u00e9diat, la cr\u00e9ance que la banque d\u00e9tient sur lui, l\u2019op\u00e9ration doit s\u2019analyser en un pr\u00eat&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 7 avril 2014, le tribunal de commerce de Nivelles a requalifi\u00e9 en un pr\u00eat un contrat de cr\u00e9dit d\u2019investissement, au motif que celui-ci avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9 en deux fois, \u00e0 7 jours d\u2019intervalle et avant la premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance de remboursement. Ce cr\u00e9dit \u00e9tait non r\u00e9utilisable et rembours\u00e9 \u00e0 \u00e9ch\u00e9ances fixes&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 14 janvier 2015, le tribunal de commerce de Gand, division Fourons, a requalifi\u00e9 un contrat de cr\u00e9dit d\u2019investissement en un pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eats. En l\u2019esp\u00e8ce, le cr\u00e9dit \u00e9tait pr\u00e9levable end\u00e9ans les deux mois \u00e0 dater de sa signature, et avait vocation \u00e0 consolider d\u2019autres cr\u00e9dits&nbsp;; l\u2019on regrettera cependant que la motivation du tribunal ne soit pas reprise dans la d\u00e9cision rendue. Nous n\u2019avons pas pu, par ailleurs, prendre connaissance du contrat en cause&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 22 mai 2015, le tribunal de commerce de Gand, division Gand, a estim\u00e9 que les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants permettant la requalification d\u2019un cr\u00e9dit en un pr\u00eat sont son caract\u00e8re non-r\u00e9utilisable, le pr\u00e9l\u00e8vement du montant en une seule fois, et le remboursement du cr\u00e9dit selon un plan de remboursement comprenant des \u00e9ch\u00e9ances fixes&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 3 septembre 2015, le tribunal de premi\u00e8re instance (n\u00e9erlandophone) de Bruxelles a eu \u00e0 connaitre d\u2019une affaire o\u00f9 un cr\u00e9dit d\u2019investissement destin\u00e9 \u00e0 l\u2019achat d\u2019un \u00e9levage de porcs, mais \u00e9galement au remboursement de plusieurs pr\u00eats \u00e0 int\u00e9r\u00eats (qualifi\u00e9s comme tels), mis \u00e0 disposition en quatre tranches, a \u00e9t\u00e9 requalifi\u00e9 en un contrat de pr\u00eat. Le tribunal a estim\u00e9 qu\u2019en refinan\u00e7ant des pr\u00eats \u00e0 int\u00e9r\u00eats, la banque n\u2019avait rien fait d\u2019autre que de modifier la qualification desdits pr\u00eats non-encore rembours\u00e9s, la situation \u00e9conomique de la banque restant la m\u00eame. Le caract\u00e8re non-r\u00e9utilisable du cr\u00e9dit a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 pris en consid\u00e9ration par le tribunal ;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 21 d\u00e9cembre 2015, le tribunal de premi\u00e8re instance de Li\u00e8ge a estim\u00e9 que dans la mesure o\u00f9 un contrat de cr\u00e9dit avait \u00e9t\u00e9 conclu sans que soit laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019emprunteur la facult\u00e9 de choisir \u00ab&nbsp;ce qu\u2019elle voulait pr\u00e9lever, quand et pourquoi&nbsp;\u00bb, et que comme il \u00ab&nbsp;<em>avait toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu que les fonds \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 rembourser [un autre cr\u00e9ancier] imm\u00e9diatement en une op\u00e9ration one shot permettant \u00e0 [la banque] de devenir imm\u00e9diatement b\u00e9n\u00e9ficiaire de la garantie [hypoth\u00e9caire]&nbsp;\u00bb<\/em>, le contrat litigieux devait s\u2019analyser en un contrat de pr\u00eat&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 4 janvier 2016, le tribunal de commerce de Li\u00e8ge, division Verviers, a requalifi\u00e9 un cr\u00e9dit en un contrat de pr\u00eat au motif que l\u2019emprunteur ne disposait pas d\u2019une r\u00e9elle libert\u00e9 de pr\u00e9lever les fonds mis \u00e0 sa disposition&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 20 janvier 2016, le tribunal de commerce de Li\u00e8ge s\u2019est pench\u00e9e sur une convention qui ne comportait pas d\u2019intitul\u00e9 mais qui pr\u00e9cisait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un \u00ab&nbsp;<em>cr\u00e9dit avec remboursements mensuels constants sur une base 360\/360, remboursables en 180 tranches fixes, compos\u00e9es du capital et des int\u00e9r\u00eats. La premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance en capital et int\u00e9r\u00eats tombe le dernier jour du mois suivant celui au cours duquel aura lieu le premier pr\u00e9l\u00e8vement&nbsp;\u00bb.<\/em> Le tribunal a examin\u00e9 l\u2019utilisation concr\u00e8te des montants mis \u00e0 disposition de l\u2019emprunteur, en y voyant une forme d\u2019aveu extrajudiciaire en ce que compte tenu de l\u2019objet du cr\u00e9dit \u2013 \u00e0 savoir l\u2019acquisition d\u2019un bien immobilier et non la r\u00e9alisation de travaux -, et de l\u2019absence d\u2019utilisation de celui-ci en \u00ab&nbsp;<em>tranches&nbsp;\u00bb<\/em>, il devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019intention des parties \u00e9tait de voir l\u2019emprunteur b\u00e9n\u00e9ficier imm\u00e9diatement de l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des fonds pr\u00eat\u00e9s. Le \u00ab&nbsp;<em>cr\u00e9dit&nbsp;<\/em>\u00bb ayant \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9 en une seule fois deux mois apr\u00e8s la conclusion de la \u00ab&nbsp;<em>promesse de cr\u00e9dit&nbsp;\u00bb<\/em>, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat&nbsp;; ce jugement a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par la cour d\u2019appel de Li\u00e8ge le 16 mars 2017, la cour nuan\u00e7ant toutefois la motivation du tribunal en estimant qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, seule la libert\u00e9 ou non de pr\u00e9l\u00e8vement constituait un crit\u00e8re d\u00e9terminant permettant de requalifier un contrat de cr\u00e9dit en un contrat de pr\u00eat&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 13 mai 2016, la cour d\u2019appel de Bruxelles a confirm\u00e9 la requalification d\u2019un contrat de cr\u00e9dit en un contrat de pr\u00eat, lequel ne permettait aucune libert\u00e9 d\u2019utilisation \u00e0 l\u2019emprunteur. La cour a estim\u00e9 que cette absence de libert\u00e9 ne correspondait pas \u00e0 la qualification d\u2019ouverture de cr\u00e9dit, mais ne s\u2019opposait pas \u00e0 cette de pr\u00eat. Un pourvoi a cependant \u00e9t\u00e9 interjet\u00e9 \u00e0 l\u2019encontre de cette d\u00e9cision.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les plus hautes juridictions du pays ont \u00e9galement eu quelques occasions de se pencher sur la validit\u00e9 de l\u2019indemnit\u00e9 de <em>funding loss<\/em>. Au moment de la r\u00e9daction de notre contribution, elles n\u2019ont toutefois pas encore tranch\u00e9 tous les angles de la question de mani\u00e8re d\u00e9finitive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien que deux arr\u00eats de la Cour de cassation soient souvent mis en avant pour mettre \u00e0 mal l\u2019indemnit\u00e9 de <em>funding loss<\/em>, une lecture attentive permet de limiter la port\u00e9e de ces d\u00e9cisions. Ainsi, pour r\u00e9sumer&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 24 juin 2013, la Cour de cassation a rejet\u00e9 un pourvoi de la banque sur base d\u2019arguments de droit formels, et sans r\u00e9pondre \u00e0 la question de droit mat\u00e9riel qui nous concerne<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 7 ao\u00fbt 2013, la Cour constitutionnelle a, pour sa part, confirm\u00e9 que la distinction classique entre le contrat de pr\u00eat et le contrat de cr\u00e9dit ne constituait pas, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019article 1907<em>bis,<\/em> une discrimination injustifi\u00e9e au sens des articles 10 et 11 de la Constitution.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>Cour constitutionnelle<\/strong> a estim\u00e9 que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>&nbsp;<em>\u00ab [\u00e0] la diff\u00e9rence d\u2019un contrat d\u2019ouverture de cr\u00e9dit, qui est un contrat consensuel en vertu duquel les fonds ne sont pas mis \u00e0 la disposition imm\u00e9diate du cr\u00e9dit\u00e9, mais peuvent \u00eatre utilis\u00e9s lorsque et dans la mesure o\u00f9 ce dernier le jugerait n\u00e9cessaire, moyennant paiement \u00e0 la fois d\u2019une commission et d\u2019un int\u00e9r\u00eat, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une somme d\u2019argent, le contrat de pr\u00eat est un contrat r\u00e9el en vertu duquel le pr\u00eateur transf\u00e8re en une seule fois la totalit\u00e9 du montant pr\u00eat\u00e9 \u00e0 l\u2019emprunteur, contre remboursement, avec int\u00e9r\u00eat \u00e0 une date d\u00e9termin\u00e9e ou \u00e0 des dates d\u2019\u00e9ch\u00e9ance, et qui est soumis \u00e0 certaines r\u00e8gles imp\u00e9ratives sp\u00e9cifiques \u00e9tablies au titre X du Code civil<\/em> (\u2026)<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Sans doute, en pratique, le contrat d\u2019ouverture de cr\u00e9dit non r\u00e9utilisable pr\u00e9sente-t-il d\u2019importantes analogies avec un contrat de pr\u00eat. Il ne s\u2019y assimile toutefois pas parfaitement, ni d\u2019un point de vue juridique, ni d\u2019un point de vue \u00e9conomique. Il existe d\u2019importantes diff\u00e9rences entre les deux contrats, tant d\u2019un point de vue juridique que d\u2019un point de vue \u00e9conomique<\/em>. <em>En effet, le contrat d\u2019ouverture de cr\u00e9dit permet au cr\u00e9dit\u00e9 de diff\u00e9rer la mise en possession effective des fonds et, partant, le paiement des int\u00e9r\u00eats. En outre, l\u2019acceptation par le cr\u00e9dit\u00e9 d\u2019une indemnit\u00e9 de remploi \u00e9lev\u00e9e pourrait lui permettre d\u2019obtenir un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat plus avantageux<\/em>.<\/p><p><em>En toute hypoth\u00e8se, les similitudes existant entre ces deux contrats ne sont pas de nature, \u00e0 elles seules, \u00e0 imposer au l\u00e9gislateur d\u2019\u00e9tendre la mesure d\u00e9rogatoire au droit commun des obligations, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 1907bis du Code civil, \u00e0 tout type de contrat analogue, sans \u00e9gard pour le contexte \u00e9conomique particulier dans lequel il y fait recours.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon la Cour constitutionnelle, les crit\u00e8res d\u00e9terminants pour distinguer le pr\u00eat du cr\u00e9dit sont notamment la flexibilit\u00e9 que ce dernier offre au d\u00e9biteur (entre autres la possibilit\u00e9 de diff\u00e9rer la mise \u00e0 disposition des fonds pr\u00eat\u00e9s) et le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat plus avantageux du cr\u00e9dit par rapport au pr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet arr\u00eat n\u2019a cependant pas permis de mettre fin \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 juridique planant toujours sur la clause de <em>funding loss<\/em>. En effet, la Cour n\u2019a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e qu\u2019\u00e0 se prononcer sur la question de la conformit\u00e9 de l\u2019article 1907<em>bis<\/em> avec la Constitution; trancher le d\u00e9bat de droit relatif au champ d\u2019application de cet article n\u2019entre pas dans sa comp\u00e9tence.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le 24 novembre 2016, la Cour de cassation a d\u00e9cid\u00e9 que la pr\u00e9sence d\u2019une clause contractuelle interdisant le remboursement anticip\u00e9 dans un contrat ne suffisait pas \u00e0 exclure l\u2019applicabilit\u00e9 de l\u2019article 1907<em>bis<\/em>. La Cour ne s\u2019est toutefois pas prononc\u00e9e sur la qualification du contrat litigieux de sorte que l\u2019arr\u00eat ne pr\u00e9sente, sur la question qui nous concerne, aucune utilit\u00e9<a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>1.3.3.&nbsp;: La r\u00e9alit\u00e9 du dommage dans le chef de la banque<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous verrons ci-apr\u00e8s que le montant de l\u2019indemnit\u00e9 de <em>funding loss<\/em>, qui est bas\u00e9 sur des hypoth\u00e8ses objectives et raisonnables, n\u2019exc\u00e8de en principe pas (\u00e0 tout le moins manifestement) le dommage souffert par la banque tel qu\u2019il pouvait \u00eatre raisonnablement pr\u00e9visible au moment de la conclusion du contrat de cr\u00e9dit<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>. Il est cependant impossible d\u2019en d\u00e9terminer le montant exact au cas par cas, compte tenu de la pratique financi\u00e8re au sein d\u2019une banque commerciale et qui sera r\u00e9sum\u00e9e <em>infra<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Afin de bien comprendre la r\u00e9alit\u00e9 du dommage souffert par les banques dans le cadre de remboursements anticip\u00e9s de cr\u00e9dits, il nous parait utile de prendre un peu de recul sur les questions juridiques soulev\u00e9es et d\u2019appr\u00e9hender l\u2019indemnit\u00e9 de remploi sous l\u2019angle \u00e9conomique et dans un contexte plus global.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A cette fin nous remonterons le temps en examinant, sur une autre page, successivement les origines du pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat et de la banque commerciale. Nous examinerons ensuite l\u2019aspect \u00e9conomique en nous penchant sur le fonctionnement d\u2019une banque commerciale, les cons\u00e9quences qu\u2019un remboursement anticip\u00e9 engendre, et le mode de calcul de la <em>funding loss<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La suite : <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/?p=3064\">Menu principal de l&#8217;analyse<\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2. <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/blog-2\/retrospective-historique-en-droit-bancaire-et-droit-du-credit\/\">R\u00e9trospective historique<\/a><br>3. <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/blog-2\/fonctionnement-banque-commerciale\/\">Le fonctionnement d&#8217;une banque commerciale : croisement entre droit bancaire et \u00e9conomie pour les questions de funding loss<\/a><br>4. <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/blog-2\/4-consequences-dun-remboursement-anticipe-de-credit\/\">Cons\u00e9quences d&#8217;un remboursement anticip\u00e9 de cr\u00e9dit<\/a><br>5. <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/blog-2\/5-le-calcul-de-lindemnite-de-remploi\/\">Le calcul de l&#8217;indemnit\u00e9 de remploi<\/a><br>6. <a href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/blog-2\/6-conclusion\/\">Conclusion<\/a><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Article 1231 du Code civil&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le juge peut, d&#8217;office ou \u00e0 la demande du d\u00e9biteur, r\u00e9duire la peine qui consiste dans le paiement d&#8217;une somme d\u00e9termin\u00e9e lorsque cette somme exc\u00e8de manifestement le montant que les parties pouvaient fixer pour r\u00e9parer le dommage r\u00e9sultant de l&#8217;inex\u00e9cution de la convention. En cas de r\u00e9vision, le juge ne peut condamner le d\u00e9biteur \u00e0 payer une somme inf\u00e9rieure \u00e0 celle qui aurait \u00e9t\u00e9 due en l&#8217;absence de clause p\u00e9nale<\/em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> BUYLE, J.-P. et DELIERNEUX, M., obs. sous Anvers, 2 octobre 2003, <em>R.D.C.<\/em>, 2005\/2, p. 175&nbsp;; CATTARUZZA, J., \u00ab&nbsp;La r\u00e9vision des conditions financi\u00e8res des ouvertures de cr\u00e9dit&nbsp;\u00bb, <em>La banque dans la vie de l\u2019entreprise<\/em>, Bruxelles. Ed. Jeune barreau de Bruxelles, 2005, p. 332&nbsp;; TROCH, K., De wederbeleggings- en \u201c<em>funding loss<\/em>\u201d-vergoeding bij vervroegde terugbetaling van commerci\u00eble kredieten met bepaalde duur, <em>T.Fin.R.,<\/em> 2002, p. 257 e.s. ; VERHAEGHEN, D. et PURNAL, D., D&nbsp;\u00bbDe vervroegde terugbetaling van commerci\u00eble kredieten&nbsp;: de \u00ab&nbsp;<em>funding loss<\/em>&nbsp;\u00bb-vergoeding revisited&nbsp;\u00bb, <em>Liber Amicorum Achilles Cuypers<\/em>, Bruxelles, Larcier, 2009, p. 326 e.s.&nbsp;; WEINBERGER, M.-D., <em>Funding loss<\/em>\u2026in translation, <em>D.B.F.<\/em>, 2014\/I-II, p. 16.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Voy. notamment C. const., 7 ao\u00fbt 2013, n\u00b0 119\/2013&nbsp;; CATTARUZZA, J., \u00ab&nbsp;La r\u00e9vision des conditions financi\u00e8res des ouvertures de cr\u00e9dit&nbsp;\u00bb, <em>La Banque dans la vie de l\u2019entreprise<\/em>, Ed. Jeune Barreau Bruxelles, 2005, p. 331; DE MUYNCK, M. et DE POTTER DEN BROECK, M., \u00ab&nbsp;Begrip voor begripsverwarring&nbsp;? <em>Capita selecta<\/em> inzake de eenzijdige be\u00ebindiging van krediet(openingen)\u2019, <em>D.B.F.<\/em>, 2011\/I, p. 66<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> C. Const., Arr\u00eat du 7 ao\u00fbt 2013; Li\u00e8ge, 10 septembre 2013, <em>D.B.F.,<\/em> 2014, p. 59-60&nbsp;; Bruxelles, 27 septembre 2012, <em>in\u00e9dit<\/em>; Comm. Bruxelles, 18 octobre 2013, <em>in\u00e9dit<\/em>&nbsp;; comm. Bruxelles, 19 novembre 2015, <em>in\u00e9dit<\/em>; Li\u00e8ge, 4 juin 2015, <em>in\u00e9dit<\/em> ; <em>Doc. Parl.,<\/em> Chambre, 53, 2507\/001 (travaux pr\u00e9paratoires de la loi du relative au financement des PME du 21 d\u00e9cembre 2013&nbsp;; \u00e9galement Cass., 24 novembre 2016, C.15.0409-F.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Une confusion fr\u00e9quente est celle op\u00e9r\u00e9e entre, d\u2019une part, le <em>funding<\/em> et, d\u2019autre part, les liquidit\u00e9s d\u2019une banque commerciale. On argumente parfois que le <em>funding<\/em> d\u2019un cr\u00e9dit s\u2019op\u00e8re au moyen des r\u00e9serves liquides. Le raisonnement (inexact) consiste \u00e0 dire que, comme le \u00ab&nbsp;<em>funding&nbsp;\u00bb<\/em> ne serait fait que pour un pourcentage minime des r\u00e9serves liquides, le dommage dans le chef de la banque est \u00e9galement minime. Ce raisonnement confond en r\u00e9alit\u00e9 la technique du <em>funding<\/em> avec celle du <em>fractional reserve banking<\/em>. En r\u00e9alit\u00e9, les r\u00e9serves liquides (notamment le disponible en caisse), tout comme les cr\u00e9dits, se trouvent \u00e0 l\u2019actif du bilan de la banque. Le <em>funding<\/em> doit par contre se trouver au passif du bilan de la banque (les fonds propres, les d\u00e9p\u00f4ts et les emprunts interbancaires). Le taux du <em>funding<\/em> est fix\u00e9 au moment o\u00f9 la banque et l\u2019emprunteur ont obtenu un accord sur le taux du cr\u00e9dit. Ce n\u2019est qu\u2019au moment o\u00f9 les fonds sont effectivement utilis\u00e9s par l\u2019emprunteur (et retir\u00e9s des livres de la banque) que la banque doit effectivement mettre \u00e0 disposition les liquidit\u00e9s requises.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Un jugement du tribunal de commerce francophone de Bruxelles rendu en 2016 a estim\u00e9 que l\u2019indemnit\u00e9 r\u00e9clam\u00e9e par la banque (repr\u00e9sentant 27 % du capital rembours\u00e9) devait \u00eatre forfaitairement r\u00e9duite de moiti\u00e9. Un appel de cette d\u00e9cision est en cours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> J. Van Rijn, J. Heenen, <em>Principes de droit commercial<\/em>, T. IV, Bruxelles, Bruylant, 1988, p. 403, n\u00b0 527.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> C. Const., 7 ao\u00fbt 2013, arr\u00eat n\u00b0 119\/2013 ; VAN OMMESLAGHE, P., <em>Droit des obligations<\/em>, t. I, Bruxelles, Bruylant, 2010, p. 129.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> WERY, P., <em>Droit des obligations<\/em>, vol. 1, Bruxelles, Larcier, 2011, p. 410. Voy. \u00e9galement Cass., 23 mars 2009, <em>Arr. Cass<\/em>. 2009, liv. 3, 854&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Lorsque les \u00e9l\u00e9ments soumis \u00e0 son appr\u00e9ciation ne permettent pas d&#8217;exclure la qualification donn\u00e9e par les parties \u00e0 la convention qu&#8217;elles ont conclue, le juge du fond ne peut y substituer une qualification diff\u00e9rente, ni rechercher dans des circonstances extrins\u00e8ques des \u00e9l\u00e9ments susceptibles de justifier celle-ci. (Art. 1134, al. 1er C.civ.)<\/em>&nbsp;\u00bb.<em> Ce faisant, la Cour confirme sa jurisprudence ant\u00e9rieure, que refl\u00e8tent les arr\u00eats de la Cour du 28 avril 2003 (<\/em><em>J.T.T.<\/em>, 2003, p. 261)<em>&nbsp;et du 17 d\u00e9cembre 2007 (<\/em>R.G.&nbsp;: S.06.0109.F, <a href=\"http:\/\/www.juridat.be\" rel=\"nofollow\">http:\/\/www.juridat.be<\/a>)<em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;lorsque les \u00e9l\u00e9ments soumis \u00e0 son appr\u00e9ciation ne permettent pas d\u2019exclure la qualification donn\u00e9e par les parties \u00e0 la convention qu\u2019elles ont conclue, le juge du fond ne peut y substituer une qualification diff\u00e9rente&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> &nbsp; Bruxelles (9<sup>\u00e8me<\/sup> ch.), 27 septembre 2012, <em>D.B.F.<\/em>, 2014\/I-II, p. 53.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> &nbsp; Comm. Hainaut (Mons), 16 juin 2016, <em>in\u00e9dit<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Comm. Charleroi, 11 octobre 2013, <em>R.D.C.<\/em>, 2015, p. 190.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> WEINBERGER, M.-D., <em>op. cit<\/em>.,pp. 23 et 27, CATTARUZZA, J., \u00ab L\u2019indemnit\u00e9 de remploi au c\u0153ur des d\u00e9bats \u00bb, <em>op. cit<\/em>., p.720 ; BLOMMAERT, D. et VANNEROM, J., \u00ab Kroniek gereglementeerd kredietrecht 2010-2016 \u00bb, <em>D.B.F.-B.F.R<\/em>.,2016\/2, p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Il s\u2019ensuit que l\u2019article 1231 du Code civil n\u2019est pas applicable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour au menu principal de l&#8217;analyse 1.1 L\u2019indemnit\u00e9 de remploi&nbsp;pour remboursement anticip\u00e9 : une clause contractuelle \u00ab&nbsp;type&nbsp;\u00bb Sur base des principes de la libert\u00e9 contractuelle et de la bonne foi, les contrats de cr\u00e9dit d\u2019investissement qui font l\u2019objet de la pr\u00e9sente analyse stipulent, dans la majorit\u00e9 des cas, qu\u2019en cas de remboursement du cr\u00e9dit avant&#8230; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/blog-2\/la-problematique-juridique-de-la-funding-loss\/#more-3069\">Continue Reading &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":185562167,"featured_media":0,"parent":7,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_coblocks_attr":"","_coblocks_dimensions":"","_coblocks_responsive_height":"","_coblocks_accordion_ie_support":"","advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","_wpcom_ai_launchpad_about_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_gallery_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_contact_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_events_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_video_page":false,"_wpcom_ai_launchpad_portfolio_piece":false,"_jetpack_hide_featured_image":false,"_jetpack_featured_image_duplicate_dismissed":0,"footnotes":"","big_sky_generated":false},"class_list":["post-3069","page","type-page","status-publish","hentry","clear"],"jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/PbYDZD-Nv","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/185562167"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3069"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3069\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3096,"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3069\/revisions\/3096"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bankinglaw.be\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}